La biodiversité ou la « diversité biologique » est un terme qui concerne la diversité du vivant. La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) définit la biodiversité dans son Article 2 comme étant la « variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et ainsi que celle des écosystèmes ».
La biodiversité est pratiquement l’équivalent de la vie sur terre, des gènes aux écosystèmes, en passant par les espèces. Si nous voulons résumer, nous pouvons énoncer que « la biodiversité, c’est tout le vivant et toutes ses interactions ».
La biodiversité non seulement mérite d’être protégée pour elle-même, mais surtout elle est capitale, vitale pour l’être humain.
Elle nous rend d’innombrables services pour notre qualité de vie, notre bien-être, voire même notre survie. Elle a un rôle essentiel :
Nos comportements et nos modes de consommation entraînent actuellement un effondrement sans précédent des effectifs des espèces animales et végétales et de leurs différents écosystèmes.
Les causes de l’érosion sont bien connues :
L’état des lieux ci-après se base, entre autres, sur les données de la DREAL et de l’ODONAT.
Les caractéristiques alsaciennes de relief, de type de sols, de climat sont à l’origine d’une faune et d’une flore particulièrement riches. Nous avons la chance de comptabiliser un nombre d’espèces élevé au regard de la surface réduite de notre région.
Quelques exemples | Nombres d’espèces présentes en Alsace |
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Oiseaux | 321 |
dont espèces nicheuses | 190 |
Papillons | 143 |
Mammifères | 73 |
Poissons | 59 |
Plantes vasculaires | ± 2100 |
La petite taille de l’Alsace, son importante densité de population (jusqu’à 430 habitants au km² en plaine alors que la moyenne française est autour de 115), l’artificialisation des terres qui représente près de 11,5% du territoire, et surtout le développement d’une agriculture intensive de maïs (qui représente 40% de la surface agricole utile) constituent autant de facteurs induisant cette dégradation.
Le CÉSER, assemblée consultative auprès de la région avait déjà eu l’occasion de souligner en 2006 combien l’Alsace est un « territoire fragile» en terme de biodiversité.
Aujourd’hui près de 40 % des espèces et 75 % des types d’habitats d'Alsace figurent sur les listes rouges régionales de la nature menacée (Source ODONAT).
12,5% des espèces de reptiles d'Alsace, 16,9% des mammifères, 22,2% des amphibiens, 26,5% des poissons, 44% des oiseaux sont considérés comme menacés avec des conséquences prévisibles sur l'ensemble des écosystèmes.
Amphibiens | 18 espèces présentes | 4 espèces en liste rouge soit 22 % | Situations critiques :![]() Crapaud vert |
Mammifères | 66 espèces présentes de façon permanente | 11 espèces en liste rouge soit 16,6 % | Situations critiques :![]() Grand hamster d'Alsace |
Oiseaux | 159 espèces actuellement nicheuses présentes | 70 espèces en liste rouge soit 44,1% | Situations critiques :![]() Râle des genêts |
Poissons | 34 espèces présentes | 9 espèces en liste rouge soit 26,5 % | Situations critiques :![]() Anguille européenne |
Flore | 1516 espèces présentes évaluées | 439 espèces en liste rouge soit 28,9% | Situations critiques :![]() Œillet superbe |
Ce déclin concerne donc autant les milieux que les espèces. Il est intimement lié à la généralisation des pesticides, aux pollutions en tout genre, à la destruction des habitats, à la fragmentation des espaces,...
De plus, des espèces envahissantes (renouée du Japon, balsamine de l’Himalaya, etc...) participent également à l’appauvrissement de la biodiversité.
Selon les données de la LPO, l’indicateur global des oiseaux liés aux milieux bâtis a diminué de 18,2 % entre 2005 et 2015.
Les facteurs influençant les tendances évolutives des populations d’oiseaux communs sont multiples. Les modifications de l’habitat font partie des plus importants. En effet, certaines espèces utilisant des bâtiments comme site de nidification telles que les hirondelles subissent les conséquences de la modernisation qui ne permet plus d’offrir les conditions nécessaires à la construction de leurs nids, qui sont même parfois détruits. D’autres espèces utilisent les milieux à proximité des habitations et des bâtiments pour leur recherche alimentaire et souffrent de l’homogénéisation des espaces ne laissant que peu de place au développement des insectes et des graminées dont ils se nourrissent.
L’indicateur global des oiseaux liés aux milieux agricoles a diminué de 16,4% entre 2005 et 2015. Les causes de cette diminution sont multiples, mais l’intensification de l’agriculture, la disparition des prairies et des haies et l’utilisation d’engrais et de pesticides en sont les principales.
Sans attendre la mise en œuvre de diverses politiques, nous pouvons tous agir à l’échelle de notre quotidien, devant notre porte. Particuliers, entreprises, écoles, collectivités nous pouvons restaurer de la biodiversité de proximité et favoriser sa réimplantation dans nos espaces verts, nos jardins, quels qu’ils soient ! Il n’est pas nécessaire de se lancer dans des actions de grande ampleur, de petits gestes simples suffisent pour commencer. Toute renaturation, aussi modeste soit-elle, est la bienvenue.
Voici quelques exemples pour les plantations :
Voici quelques exemples pour la gestion la plus naturelle possible :
Ensemble, restaurons l’environnement de notre quotidien.